Médina Salam, village de recasement mis en place dans le cadre des opérations de la société minière Eramet Grande Cote (GCO), fait aujourd’hui entendre sa voix. Une voix pleine de frustration et d’espoir déçu. Lors de notre récente visite sur les sites d’exploitation, nous avons tendu le micro aux populations locales pour recueillir leur réalité quotidienne.
Eau, électricité, santé : des besoins de base non satisfaits
« Nous rencontrons beaucoup de difficultés », lance d’emblée Abdoul Sow, habitant de Médina Salam. “ Le plus gros problème ici, c’est l’eau qui n’est pas potable”. Ceux qui ont les moyens achètent des bouteilles d’eau minérale, parfois une vingtaine par semaine, juste pour éviter la soif. »
Outre la crise de l’eau, les habitants dénoncent l’absence d’une ambulance pour le poste de santé, un réseau électrique instable et des routes impraticables, surtout en saison des pluies. Le cadre de vie dans les maisons de recasement est également mis en cause : des logements standardisés, souvent composés de trois chambres et de toilettes publiques, peu adaptés aux réalités des grandes familles rurales.
Jeunesse délaissée et terres confisquées
L’une des promesses majeures faites aux populations lors de leur déplacement était l’accès à l’emploi. Mais là encore, les attentes ont été trahies. « Ils nous avaient promis du travail pour subvenir à nos besoins. Moi, j’ai mes diplômes dans le tiroir, je suis toujours sans emploi », poursuit Abdoul Sow. Autre point sensible : la confiscation des terres agricoles. Pour de nombreuses familles, ces terres représentaient une source essentielle de revenus et d’autonomie alimentaire.
La réponse de GCO
Interpellée sur ces griefs, la direction de GCO se défend. Selon Frédéric Zanklan, Directeur général de l’entreprise, « aucun produit chimique n’est utilisé dans l’exploitation des sables minéralisés ». Il souligne par ailleurs que GCO est « la seule entreprise minière sénégalaise à avoir engagé un processus de restitution des terres aux autorités ».
Un dialogue nécessaire, une situation à surveiller
Si les efforts de GCO en matière environnementale ou de restitution foncière sont salués par certains, les difficultés persistantes des habitants de Médina Salam montrent qu’un fossé subsiste entre les discours institutionnels et la réalité vécue sur le terrain.
FATOUMATA BA