Jack Dorsey, cofondateur et ancien PDG de Twitter, fait une nouvelle incursion dans le monde des communications numériques avec le lancement de BitChat, une application de messagerie innovante qui fonctionne sans connexion Internet. Le projet, développé par son collectif tech 777, repose sur une architecture entièrement décentralisée et pair-à-pair.
Une messagerie qui contourne les réseaux traditionnels
BitChat repose sur un réseau maillé (mesh) basé sur la technologie Bluetooth. Chaque appareil équipé de l’application agit comme un nœud relais, permettant aux messages de circuler d’un utilisateur à un autre, même si l’un d’eux n’est pas directement connecté à Internet. Ce système « store and forward » garantit la transmission des messages par rebond, jusqu’à leur destination.
Aucun serveur central n’intervient : l’infrastructure est entièrement distribuée entre les utilisateurs. Cette approche rappelle des technologies utilisées lors de contextes de coupures d’Internet ou de censures, comme les manifestations de Hong Kong en 2019.
Sécurité, anonymat et confidentialité
BitChat mise sur une expérience totalement anonyme. Il n’est pas nécessaire de créer un compte ni de fournir un numéro de téléphone ou une adresse e-mail. Les messages sont chiffrés de bout en bout et stockés localement sur les appareils, sans journalisation ni sauvegarde sur des serveurs externes. Ils sont également conçus pour s’effacer automatiquement après un certain temps.
L’application prend également en charge les discussions de groupe via des salons protégés par mot de passe, identifiables par des hashtags.
Une version bêta déjà saturée
Actuellement disponible en version bêta sur iOS via TestFlight, BitChat a rapidement suscité l’engouement : les 10 000 places de test ont été réservées en quelques heures seulement. Une version Android n’a pas encore été annoncée.
Vers une extension des capacités réseau
L’équipe de développement prévoit d’intégrer prochainement la technologie Wi‑Fi Direct. Celle-ci permettrait d’étendre la portée de communication de l’application à plusieurs centaines de mètres, contre une trentaine en moyenne pour le Bluetooth Low Energy actuellement utilisé.
Ndeye Dieynaba Traoré