Le développement rapide du numérique en Afrique ouvre des perspectives encourageantes pour la mobilité socioprofessionnelle, mais ses bénéfices restent très hétérogènes selon les pays et les contextes. Une étude du FMI révèle que le numérique peut jouer un rôle important dans la progression professionnelle, tout en soulignant de fortes disparités.
Des résultats très variables selon les pays
L’accès aux technologies numériques, comme la connexion aux câbles sous-marins et la possession de téléphone mobile, favorise la mobilité ascendante. Par exemple, l’étude montre que le taux de mobilité sociale ascendante peut atteindre jusqu’à 75 % à Maurice, tandis qu’il n’est que de 2 % au Burkina Faso. Cette variation illustre à quel point le numérique peut être un facteur déterminant, mais dépend fortement du cadre institutionnel et des infrastructures disponibles sur place.
Indicateur | Valeur | Commentaire |
Taux de mobilité ascendante à Maurice | 75 % | Plus haut taux observé, grâce à de bonnes infrastructures |
Taux de mobilité ascendante au Burkina Faso | 2 % | Très faible, reflet des obstacles structurels |
Pourcentage d’Africains connectés à Internet | 38 % | Faible couverture globale avec disparités urbaines/rurales |
Impact du téléphone mobile | Augmente la mobilité | Facilite l’accès à l’information et aux opportunités |
Impact des câbles sous-marins | Renforce la mobilité | Améliore la qualité et la rapidité de la connexion |
Fracture numérique | Forte entre zones urbaines & rurales, entre genres | Limite les bénéfices du numérique à certains groupes |
Pressions fiscales sur opérateurs mobiles | Freinent l’adoption | Augmentation des coûts pour les utilisateurs vulnérables |
Qualité des institutions | Clé du succès | Coopération entre infrastructures, politiques et régulations |
Des freins persistants au développement d’une mobilité équitable
Malgré ces progrès, seulement 38 % des Africains disposent aujourd’hui d’un accès à Internet. Ces chiffres masquent des inégalités importantes entre zones urbaines et rurales, ainsi qu’entre hommes et femmes, qui limitent les opportunités offertes par le numérique. Par ailleurs, les pressions fiscales sur les opérateurs télécoms entraînent une augmentation des coûts pour les utilisateurs, ralentissant l’adoption des services digitaux par les populations les plus fragiles.
Le manque de régulation efficace dans le secteur numérique complique aussi la protection des données personnelles et la cybersécurité, des enjeux cruciaux pour inspirer confiance et soutenir une transformation inclusive.
Miser sur l’éducation, les infrastructures et la gouvernance
Pour maximiser l’impact positif du numérique sur la mobilité sociale, les experts insistent sur l’importance d’accompagner cette révolution digitale par des investissements dans l’éducation, la formation aux compétences numériques, et le renforcement des institutions. Sans une gouvernance adaptée et des politiques cohérentes, la digitalisation risque au contraire d’accentuer les inégalités existantes.
En somme, le numérique peut être un puissant moteur de mobilité sociale en Afrique, mais seulement si les conditions locales s’y prêtent, favorisant un accès large et équitable ainsi qu’un environnement institutionnel solide.
Ndeye Dieynaba Traore